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Le cuir de poisson

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Le cuir : l’utilité avant l’esthétisme

Au cours de la Préhistoire, les chasseurs cueilleurs ont commencé à se couvrir avec des peaux d’animaux. Pour ce faire, ils ont dû apprendre à transformer les peaux des animaux qu’ils mangeaient, raides et putrescibles en une matière souple et imputrescible. C’est ce que l’on appelle le tannage. Ils auraient développé deux techniques naturelles afin de tanner les peaux :

  • Le tannage végétal qui nécessite des écorces d’arbres comme le chêne ou le bouleau, riches en tanins (durée : plusieurs semaines)
  • Le tannage aux graisses animales qui utilise la cervelle ou le suif (durée : quelques jours)

Les cuirs dit “traditionnels”

L’usage veut que le terme cuir évoque dans l’esprit d’une grande majorité d’entre nous les peaux de quatre grandes catégories d’animaux que l’on trouve en Europe :

  • les bovins : taureau, bœuf, vache etc.
  • les porcins : porc, porcelet, truie etc.
  • les ovins : agneau, bélier, mouton etc.
  • les caprins : chèvres, bouquetins etc.

Mais il existe aussi les peaux dites « exotiques », qui ne sont pas issues des animaux que l’on associe traditionnellement à l’élevage. Les principales peaux exotiques proviennent d’autruches, de grands reptiles et de lézards ainsi que de poissons exotiques. Moins connues, ces peaux peuvent aussi être tannées pour devenir du cuir.

Le cuir de poisson, d’hier à aujourd’hui

C’est au Japon dès le VIIIème siècle que l’on retrouve les premières traces d’objets gainés avec des peaux de poisson : des « inros » : petites boites à médecine accrochées à la ceinture, des plastrons, des fourreaux et des poignées de sabre. En Europe, c’est au XVIème siècle que le cuir de poisson fait son apparition en recouvrant les poignées de dagues et d’épées.

Au XVIII, Jean-Claude Galluchat, un maître gainier du roi Louis XV met au point une nouvelle technique permettant d’affiner la peau de la raie pastenague, du requin du Groenland ou de la roussette avec du grès et des pierres ponces. La nouvelle technique séduit la Marquise de Pompadour qui en achète très régulièrement. La popularité des objets en cuir de poisson sera telle que le nom de « Galuchat » (avec un seul « l »), passera à la postérité pour désigner ce cuir cartilagineux recouvert de perles de silice.

Aujourd’hui le cuir de poisson reste moins connu que le cuir fabriqué à partir de la peau des mammifères. Compte tenu de la taille des peaux, il est privilégié pour la conception de petits objets en maroquinerie. Les techniques d’assemblage permettent de concevoir des produits plus grands comme des chaussures.

Cette matière offre un bon rapport qualité prix. Les fibres des peaux de poisson sont plus résistantes que celles des mammifères. Considérées comme des déchets pour les éleveurs aquacoles et manufacturiers de l’industrie du poisson, la peau est revendue à bas coût et a un impact écologique positif. Son développement est promis à un bel avenir !

Vous laisseriez-vous tenter par le cuir de poisson ?